Les chaussures
Pour pouvoir couvrir des kilomètres sans peine
dans la nature ou en pleine montagne, il faut une bonne paire de
chaussures. Un bon choix va conditionner les sensations et le bon
déroulement de vos balades. Ceux d'entre nous qui n'ont pas
souffert une fois des pieds sont très rares. On en arrive
d'ailleurs à un non-sens commun qui voudrait laisser accroire que
c'est au randonneur de "se faire" à la chaussure. Au point où en est
la technologie, les chaussures devraient s'adapter au marcheur.
Pour les débutants, lorsqu'on dit qu'il faut s'habituer aux
chaussures, cela signifie des ampoules et autres
désagréments... jusqu'à ce que les pieds se cornent, aux endroits
critiques, pour ceux qui y réussissent.
Le marché de la chaussure est une jungle dans laquelle on
trouve des offres de produits que l'on pourrait classer du pire au
meilleur, alors, tentons de nous y retrouver !
On retiendra avant tout un modèle qui correspond à la majorité de vos sorties, et non à la grande expédition que vous ne seriez appelé à entreprendre qu'une fois dans votre vie. La tendance générale chez les néophytes, est de se procurer des chaussures trop rigides qui demandent une longue période de rodage, qui est souvent synonyme de pieds réduits à l'état de compote. Il est vrai que le poids du sac à dos (par exemple lorsqu'on transporte tout un matériel de bivouac pour trois jours à très haute altitude), réduit la vitesse de progression et rend la marche plus précaire. C'est dans ce cas déjà plus particulier que les toutes grosses chaussures trouvent en partie leur usage. A l'inverse, les petites chaussures "de ville" sont très agréables en zone urbanisée et sur sentiers plats et asphaltés... mais leurs limites apparaissent rapidement dès que les choses se compliquent un peu. Le manque, ou pire, l'absence de soutien à la cheville en fait un accessoire discutable pour les vrais randonneurs. Chez nous, il est demandé à chaque scout de s'habituer aux bonnes chaussures de marche en les portant à toutes les réunions. Le sortir du placard deux fois par an n'est pas l'idéal pour s'y sentir à l'aise !
Les qualités importantes d'une bonne chaussure de randonnée :
Le maintien et l' adhérence sont les deux points cruciaux qui guideront votre choix :
- votre chaussure devra maintenir la cheville pour éviter entorses et foulures, qui sont les deux principaux risques que courent les marcheurs mal chaussés.
- veiller à sa bonne adhérence sur terrains difficiles (neige, herbe mouillée, terre, roche, poussière, sous-bois fangeux... ). Il existe de bons revendeurs et des farfelus "généralistes" qui n'y connaissent rien, et osent fourguer des "trekkings" dont la qualité dépasse à peine celles des baskets.
Le confort :
- la respirabilité et l'imperméabilité du produit sont à prendre en considération : le cuir souple "pleine fleur" est l'idéal, surtout s'il est doublé à l'intérieur par une enveloppe en Gore-Tex (ou produit similaire). La majorité des "trekkings" actuels sont construits avec beaucoup de toile "Cordura" de couleurs souvent flash, et un tout petit peu de cuir nubuck ! Elles séduisent les acheteurs par leurs couleurs et leurs formes... et sont simplement fabriquées au moindre prix !
- la forme de la semelle extérieure et son mode de fixation peuvent faciliter le déroulement du pied. Rien de tel que les semelles en caoutchouc du genre "Vibram" fixée au cuir intérieur par le système de coutures classiques du type "norvégien" ou "Goodyear". Ce système est d'autant plus utile qu'elles peuvent être très facilement équipées de crampons.
La solidité : la chaussure est soumise à de très nombreuses contraintes mécaniques en cours de randonnée : des milliers de flexions en tous sens ! On comprend alors pourquoi elles doivent être suffisamment rigides. Une chaussure trop souple est plus fragile, protège moins bien et limite la force dans le pied. Au contraire, une chaussure plus rigide sera résistante, assurera mieux votre pied et donnera plus de force dans vos pas, ce qui se mesure particulièrement dans les pierriers. Imaginez l'avant d'une chaussure souple sur un caillou, elle se déforme et votre pied doit fournir un effort plus important pour prendre appui. Mais attention cependant : une chaussure trop rigide est aussi synonyme de lourdeur, et entraînera une fatigue plus importante. Il s'agit donc de faire le bon compromis !
Fiches techniques éditées par la Troupe de la Trientale (http://www.scoutsdegenval.be)
